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Cécile Hartmann - Anne-Lise Seusse, Festival Au Bord du Risque #5, Aubusson

Scène Nationale d’Aubusson


16, avenue des Lissiers
23200 Aubusson

Exposition du 21 au 28 mai 2019
Vernissage le vendredi 24 mai 2019 de 18h

 

Hartmann Variation4Cécile Hartmann
Variation #4, 2010
(image n°4 d’une série de 5)
Photographie, tirage pigmentaire sur papier arche
152 x 228 cm
Collection FRAC Limousin
© Cécile Hartmann
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Pour cette nouvelle édition du Festival « Au bord du risque », nous souhaitons confronter deux œuvres majeures de Cécile Hartmann et Anne-Lise Seusse. Ces deux artistes, qu’à peine une dizaine d’années sépare, développent chacune une recherche originale au croisement de la photographie et de l’image animée. Les deux ensembles présentés - film et photographies monumentales pour l’une, épreuves en couleur et reportage vidéo pour l’autre - partagent une attention particulièrement soutenue aux détails. Les deux artistes aspirent à restituer les multiples dimensions de l’expérience sensible dans des œuvres éclatées, en fragments, où le ralentissement a une grande importance.

Cécile Hartmann (née en 1971 à Colmar, vit à Paris) fut diplômée de l’ENSBA en 2000 après des études d’Histoire de l’Art et de Philosophie à l’Université de Strasbourg. En s’engageant physiquement dans des sites variés, elle explore le potentiel structurel et émotionnel des lieux, des situations et des objets, pour développer une relation particulière à la surface et la visibilité de l’image. Dans le film « Supra-Continent » tourné en 2010 dans une forêt du centre de la France, l’artiste fabrique une narration à partir de rencontres entre le monde naturel et le monde social. Le flux d’une cascade sauvage rencontre des barricades de pierres et de branches où les objets apparaissent et disparaissent : un keffieh palestinien, une barre de métal tordu, un drapeau rouge. Le cours d’eau ralentit et converge vers une zone endommagée où l’eau se tarit.
En contrepoint du film, deux images de grande taille sont posées contre les murs : « Variations 1 et 4 ». Ce sont des images de précipitation, des instants vertigineux de gel dont l’échelle et l’inversion du positif au négatif rendent la lecture abstraite.

Anne-Lise Seusse (née en 1980 à Lyon, vit à Paris) a d’abord étudié la philosophie avant d’être diplômée de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Lyon en 2007. « Pascal » est un ensemble de neuf photographies qui constitue le portrait d’un homme et de l’environnement où il a choisi de vivre, en marge de la ville, dans une caborne(1) au nord de Lyon. Anne-Lise Seusse a établi une relation de confiance sur une longue durée avec Pascal pour qu’il accepte qu’elle photographie son lieu de vie à la chambre, c’est-à-dire selon un processus très lent. A proximité, vers le ciel, ou encore depuis la caborne, les photographies montrent les constructions, l’organisation des tas de bois, la subtilité des conditions de lumière, jusqu’à souligner que l’édifice où vit l’ermite est un observatoire de la voûte céleste. Une vidéo réalisée cinq ans plus tard, en 2017, montre Pascal très occupé (ou pas) dans ses activités quotidiennes.

 

Note :
(1) « Une caborne est le nom donné aux anciennes cabanes, souvent en pierres sèches, des vignobles de l’Aube ou de Bourgogne du Sud, ainsi que dans les Monts d’or » source wikipedia.

Une page, des journaux, des livres, Médiathèque de Treignac

Médiathèque de Treignac

15 Avenue du Général - 19260 Treignac

Vendredi 26 avril 2019 à 18h : présentation de l’exposition.

Exposition du 5 avril au 12 juin 2019

Cette exposition s’inscrit dans le programme « Art & Bibliothèque » à l’initiative de la DRAC Nouvelle-Aquitaine.
Opération réalisée par le FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine - Limousin, la Communauté de communes Vézère Monédières Millesources, la Médiathèque de Treignac.

Avec les œuvres de : Denise A. AUBERTIN, Gabriele DI MATTEO, Hans-Peter FELDMANN.
Œuvres des collections du FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine – Limousin.

Di MatteoGabriele Di Matteo
Magritte, 1989
de la série : Pagina 
Photographie sur toile 
200 x 120 cm 
Collection FRAC Limousin, Limoges. 
© droits réservés / Crédit photographique : Frac Limousin

 

ART & BIBLIOTHÈQUE

Initié par la DRAC Nouvelle-Aquitaine, le programme « Art & Bibliothèque » vise à explorer les relations entre Arts visuels et Livre sous différents aspects. Une série d’expositions d’œuvres choisies dans les collections du FRAC-Artothèque est présentée dans différentes médiathèques (Guéret, Treignac, Meuzac, Royère de Vassivière, Limoges) durant l’année 2019. Les artistes participant ont été sollicités pour dévoiler leur « bibliothèque idéale », à savoir une dizaine de livres qui les ont particulièrement marqués et qui ont pu influencer leur démarche. Ces livres choisis seront mis à disposition des lecteurs. Le point d’orgue de cette suite expositions se déroulera à l’automne et prendra la forme d’une journée d’étude réunissant artistes, théoriciens, bibliothécaires et historiens.

Une page, des journaux, des livres
Ce deuxième épisode du projet réunit un ensemble d’œuvres de trois artistes : un tableau photographique de Gabriele di Matteo, des journaux impubliables de Denise A. Aubertin, et une sculpture de faux-livres d’Hans-Peter Feldmann.

« Magritte » de l’italien Gabriele di Matteo (né en 1957, vit à Milan) est une œuvre de la série nommée « Pagina » où l’artiste photographie en noir et blanc une page de livre extraite d’une biographie japonaise consacrée à Magritte. Il effectue un tirage en grand format sur papier de cette image, 200 x 120cm, puis confie l’épreuve à un artisan spécialisé qui ote le papier et maroufle le tirage sur une toile tendue sur chassis. L’épreuve photographique devient un véritable tableau, dans le sens le plus matériel du terme. Cette œuvre s’inscrit dans une réflexion sur les points de contact entre peinture et photographie, à une période où Di Matteo s’intéressait aux biographies « romancées » des célébrités. Ici, on notera que la personnalité de René Magritte, le peintre surréaliste de la trahison des images, conserve tout son mystère.

Des « Journaux impubliables » de Denise Aubertin (1933-2019) sont présentés dans des vitrines. Ces albums montrent une part de la réalité de la vie quotidienne de l’artiste. Denise A. Aubertin les décrit ainsi: « Les livres impubliables » proposent une autre manière d’écrire un livre : par collages, sur fonds déjà imprimés, d’images et bulles de B.D., de photos, de lambeaux de textes que je m’approprie. L’ensemble racontant simultanément avec mes propres écrits, eux-même entremêlés, éclatés. Taches (vin, café, etc.). Effet plastique et tactile dû à à la fixation des matières – reliques – sorte de « parcours ». « Les livres impubliables » résultent d’un travail sérieusement élaboré, s’apparentant au rébus ».(1)
Pendant cinquante ans, Denise A. Aubertin a travaillé les livres. Elle les a sculptés, détournés, rendus impubliables, et même, en les cuisinant et en les passant au four – ses fameux « livres cuits » - les a rendus tout à fait impossibles à lire, leur contenu « support absolu des pensées et des connaissances » rayonnant alors d’une force magique, alliance de mystère et de rêve (2).
Certains observateurs attentifs ont vu dans son œuvre l’héritage du dadaïste Kurt Schwitters.

Le célèbre artiste allemand Hans-Peter Feldmann (né en 1941, vit et travaille à Düsseldorf) est surtout connu pour son travail d’édition de brochures, posters et autres carnets réalisés à partir d’images trouvées, telles que coupures de journaux, affiches ou cartes postales. Ces immenses « archives d’images » sont classées par l’artiste selon un système de série très personnel, éventuellement complétées en cas de besoin par des photographies dont il est l’auteur.
En 1980, il se retire du monde artistique et se consacre à son magasin de jouets et d’antiquités. Il ne cesse pour autant de collectionner images, livres, chapeaux et toutes sortes d’objets de la vie quotidienne. A partir de 1989, il reprend ses activités d’artiste et produit les « Aesthetic Studies », des objets usuels et semblables qu’il assemble. L’œuvre sans titre datée de 1992-94 est apparentée à cette série des « études esthétiques ». Sur un socle blanc, l’artiste a simplement empilé quatre niveaux de livres factices, de façon pyramidale. Ces séries de faux-livres qui garnissaient les étagères des bibliothèques dans les magasins de meubles, ou dans des décors pour des photos, des films, voire dans des intérieurs, peuvent être ici examinés de près. En plus d’exprimer une certaine vacuité, on distingue, sur les tranches dorées, des titres fantaisistes, répétitifs qui donnent à ces objets délaissés des qualités poétiques insoupçonnées.

(1) et (2) In Denise A. Aubertin, galerie J. Mercuri, 1994.

 

 

 

 

 

 

 

 

Collection en mouvement, De l'ombre à la lumière, Moutier d'Ahun

La Bergerie

18 rue de la Bergerie
23150 Moutier d'Ahun

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Exposition du 1er au 26 mai 2019

Présentation de l'exposition jeudi 2 mai à 18h30

CulbertBill CULBERT
Sunlamp, 1989
Photographie couleur
150 x 100 cm
Collection FRAC Limousin
© Bill Culbert



 

 

DE L'OMBRE À LA LUMIÈRE

Avec les oeuvres de : Etienne BOSSUT, Bill CULBERT, Hervé DI ROSA, Damien MAZIÈRES, Pierre SAVATIER.
Collections du FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine - Limousin et du FACLim
Avec l’aimable prêt de l’œuvre de Pierre MARESCAU.

Une sélection d’œuvres variées (photogramme, photographie, estampe, sérigraphie, peinture et sculpture), de différentes générations d’artistes, autour du thème de la lumière.

Parmi les figures imposées par ce projet d’exposition, la présence d’une tapisserie choisie par les Amis du Moutier d’Ahun: cette année, un grand format, tissé en 2011 d’après une peinture réalisée dix ans plus tôt par Pierre Marescau, intitulé « Quelques pas dans la nuit ». L’observation d’une reproduction numérique de cette oeuvre nous fait remarquer des enchevêtrements de surfaces, des signes noirs et blancs plus ou moins répétitifs, des lignes tramées, des superpositions spatiales, et, à la surface, dans la partie droite, des empreintes de pied. C’est ce détail et le titre de l’œuvre qui ont guidé nos choix.

La photographie « Sunlamp » de Bill Culbert (1935-2019) ressemble à un poster. Elle en a la taille et la saveur. Le sculpteur d’origine néo-zélandaise a passé une grande partie de sa vie entre Londres et Croagnes, dans le Sud de la France. C’est d’ailleurs son installation dans le sud qui l’a poussé, au début des années 1960, à travailler la couleur avec la lumière. Il produit des sculptures, des assemblages et des installations dans lesquels il inclut directement des sources lumineuses, ampoules et tubes fluorescents. Pour cette photographie, il a réalisé un assemblage sommaire de cornières et de lampes tempêtes, l’a posé sur un muret de pierre à proximité et a attendu le coucher du soleil pour magnifier l’ensemble.

Les trois éléments qui composent la sculpture d’Etienne Bossut (né en 1946) sont rigoureusement identiques. Il s’agit de trois tirages en matière plastique dont la surface a été peinte. Cette œuvre ancienne est plutôt atypique dans le parcours de l’artiste. Habituellement, il se cantonne au moulage d’objets pour en tirer des répliques en polyester teinté dans la masse. Ici, pour matérialiser la lumière, il a réalisé un cône de terre crue où affleurent les traces de modelage, puis l’a coiffé d’une lampe torche à bonne hauteur. De ce moule, il a tiré trois épreuves en résine beige dont la surface est peinte. En scrutant attentivement ces sculptures, on s’aperçoit qu’elles ne sont pas tout à fait en contact avec le sol. Sous chaque cône de lumière, trois empreintes de pas ont été moulées en relief et soulèvent les volumes, les maintiennent au-dessus du sol.

« Coupon rayé » de Pierre Savatier (né en 1954) est un photogramme noir et blanc de grand format réalisé par l’artiste en 1996. Savatier a adopté ce dispositif photographique élémentaire – une source de lumière avec une intensité et une incidence précises pour éclairer un ou des objets disposés sur le papier photo (noir et blanc ou couleur) - qui suffit à produire une image photographique. Le photogramme est une photographie archaïque, sans optique et sans film matriciel (pas de tirages multiples). Le format des œuvres est lié à la taille des objets utilisés (pas d’agrandissement). Ici, la souplesse du tissu est accentuée par un éclairage rasant et permet un jeu subtil entre lignes rayées et ondulations.

Deux œuvres « lumineuses » d’Hervé di Rosa (né en 1959) ont été choisies parmi les nombreuses que possède l’Artothèque et témoignent de son attrait pour les images (et objets) du quotidien et les savoir-faire les plus populaires appris aux quatre coins du monde. L’une, « Le Tombeau », est une sérigraphie en douze passages réalisée en 1986. Un dessin de format modeste où l’artiste met en scène quelques-uns de ses personnages sous forme de momies dans une case de bande dessinée a été agrandi et mis en couleur, tout en préservant le très fort contraste de la scène. L’autre, « Lampe tempête », est plus littérale. Il s’agit d’une estampe réalisée en 1994 lors d’un séjour au Ghana. Di Rosa a d’abord tracé son dessin à l’encre sur une planche de bois pour la faire ensuite graver par le sculpteur Osei Tutu. L’impression eut lieu plus tard à Paris, avec des encres mélangées à de la terre africaine.

Les deux tableaux de Damien Mazières (né en 1975) datent de 2002 et 2003, soit les toutes premières années de sa production après ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux. Ces deux beaux formats réalisés d’après capture vidéo décrivent de manière schématique deux vues nocturnes de la périphérie urbaine. On saisit aisément que ces paysages simplifiés sont des prétextes à peindre des images où la simplicité des formes, leur géométrisation, et les contrastes lumineux poussés au maximum tentent de rivaliser avec l’impact des images publicitaires. La présentation de ces tableaux peut être éclairée par des projections de vidéos où on retrouve les mêmes effets de simplification des formes et de saturation de lumière.

Au moment d’écrire ces lignes, on annonce le décès de Bill Culbert. Le FRAC possède plusieurs de ses œuvres et lui consacra une exposition monographique en 1994-95. Cette exposition lui est dédiée.

Yannick Miloux, avril 2019.

Collection en mouvement, Images de perfection, Panazol

Médiathèque de Panazol

1, place Achille Zavatta
87350 Panazol

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Présentation de l’exposition jeudi 9 mai 2019 à 18h
Exposition 2 mai au 1er juin 2019



Miller 01John MILLER
Clubs for America, 1992, (détail)
Photographie couleur
28 x 33,4 cm
Collection FRAC Limousin
©DR
















Œuvres de : Benoît BROISAT, Florent CONTIN-ROUX, Kristina DEPAULIS, ERNEST T., Barbara KRUGER, John MILLER, RAMON, Kerry TRIBE.
OEuvres des collections FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine - Limousin.

Cette exposition présente un ensemble d’œuvres variées (photographie, photomontage, installation, vidéo, peinture, sculpture…) d’artistes de générations différentes autour du thème de la mémoire.

Les œuvres sont temporairement regroupées sous un titre, « Images de perfection », directement emprunté à une œuvre de la célèbre artiste américaine Barbara Kruger (née en 1945, vit à New York). Ce photo-montage repose autant sur une connaissance érudite des outils de propagande hérités du constructivisme russe - une composition très efficace, de forts contrastes noir et blanc, des modulations de trames et des valeurs de gris, un cadre rouge vif – que sur un véritable savoir-faire. Kruger fut en effet d’abord graphiste pour la revue new-yorkaise « Mademoiselle » avant de devenir artiste. Au centre de l’image, le slogan « La mémoire est votre image de perfection » apparaît comme une évidence, une sorte de vérité. Ce qu’énonce avec force cette œuvre, c’est notre tendance à la mémoire sélective.
Ramon (né en 1931, vit à Limoges) est un autodidacte ayant exercé différents métiers (de peintre en bâtiment à professeur des écoles…) et qui a produit des œuvres très diverses (peinture, collage, gravure, photographie, etc.). Ayant travaillé dans l’imprimerie, il a pu expérimenter différentes recherches sur les trames, et s’est notamment rendu compte que des agrandissements d’images tramées pouvaient faire apparaître de nouvelles images. Cette œuvre « historique » de 1964, « La fiancée du soldat », et l’ensemble des œuvres sur papier de la même période témoignent de sa manière de mixer sérigraphie et peinture pour travailler à des peintures combinatoires qui ressemblent à des rébus. Les œuvres agissent comme des palimpsestes d’où émergent des histoires vécues et longtemps occultées.

L’artiste qui se cache sous le pseudonyme d’Ernest T. est né pendant la seconde guerre mondiale. Sensible à la manière dont les médias on transformé l’art en reproduction et l’artiste en bouffon de la bonne conscience, l’œuvre d’Ernest T. s’attaque à tous les sujets : carriérisme, spéculation, expertise et critique, originalité et avant-garde, morale et scandale. Connu pour ses « peintures nulles », sorte de pastiches néo-plastiques qui viennent activer des dessins d’humour agrandis, Ernest T. a également produit une grande quantité de travaux graphiques, souvent publiés dans des journaux. « Oubli Total » est un dessin sur calque où il met au point une composition typographique. La page est organisée de telle sorte que les lettres capitales prennent toute la place. Un slogan publicitaire pour ou contre l’amnésie (?).

L’œuvre de John Miller (né en 1954, vit à New York et Berlin) se partage entre l’écriture, la musique et les arts visuels (photo, peinture, sculpture et vidéo). L’une de ses récentes rétrospectives mettait en avant son utilisation de la figure pour commenter de manière particulièrement incisive le statut de l’art et de la vie dans la culture américaine. Ses peintures de télé-réalité aux teintes sépia décrivent des moments d’émotion savamment fabriqués à la télévision. Sa fameuse série photographique débutée en 1994, « Middle of the Day » comprend des photos banales prises chaque jour vers midi. Dans cette série limitée à 10 clichés, l’artiste a entrepris de photographier les adresses des principaux « sex clubs » de New York après que l’épidémie du sida les ait fait disparaitre. Sauf l’enquête minutieuse de John Miller, il ne reste aucune trace de ces clubs.

Kristina Depaulis (née en 1972, vit en Haute-Vienne) base son travail de sculpture sur deux notions fondamentales, l’espace et la mémoire. Dans un entretien, elle précise : « Lorsque j’ai commencé à introduire le temps dans mon travail, je me suis intéressée à la mémoire, à la mémoire de l’espace, aux différents mécanismes de perception et à la manière dont ils construisent une identité. La mémoire est une matière mouvante qui se modèle au contact d’un présent contenant passé et futur, autrement dit, qui prend appui sur nos perceptions antérieures, sur celles de l’instant où nous la rappelons et sur celles que nous projetons. Elle est aussi multiple : mémoire mécanique du corps, mémoire du vécu, mémoire de la mémoire et n’existe et ne persiste qu’articulée aux mémoires de l’autre pour interroger une mémoire collective inter subjective »(1). Les deux maquettes présentées furent réalisées au début des années 2000. Ce sont des études préparatoires pour des œuvres qui existent à l’échelle 1/1 et qui, lorsqu’elles sont exposées, peuvent être expérimentées par le visiteur.

Kerry Tribe (née en 1973, vit à Los Angeles) est surtout connue pour ses films et ses installations vidéo. Précisément décrite par l’artiste sur son site internet, « Near Miss » consiste en trois prises de vue cinématographiques presque identiques. Dans chacune, la caméra est positionnée dans une voiture qui semble être conduite la nuit dans une tempête de neige…Après environ une minute, la voiture commence à perdre de la traction, fait une queue de poisson, puis un tête-à-queue, et finit sur le bas-côté. L’image fond au noir, et après quelques secondes, une autre séquence enchaine. Chaque prise est accompagnée de sa propre bande sonore, et chacune révèle de subtils détails dans son exécution ». Cette œuvre fait partie d’une série de recherches sur la perception, la coïncidence et la mémoire. C’est une tentative de rejouer un évènement non-documenté seulement vécu par l’artiste dix ans plus tôt. Cette œuvre touche aux problèmes liés à la communication objective de la mémoire subjective.

Florent Contin-Roux (né en 1975, vit à Limoges) est un peintre autodidacte qui s’appuie la plupart du temps sur des clichés projetés pour exécuter ses peintures. Ceux en couleur ont été pris par lui, dans une quète assez « plate » du banal, de l’ordinaire. Ceux en noir et blanc sont majoritairement des photos de famille, d’archives, de documents historiques. Les deux tableaux noir et blanc appartiennent à cette seconde catégorie mémorielle. « Nord Atlas » part d’une photographie trouvée dans les archives paternelles. Le traitement pictural de l’image par l’acrylique et la laque fait alterner brillances et matités, l’avion semble comme en apesanteur, immergé sous une ligne de flottaison. « Gagarine » fut réalisé l’année suivante à partir d’une archive historique. Ici, le traitement de l’image est exagérément pixellisé, la vigueur de certains gestes allant jusqu’à laisser dégouliner la matière peinte. Mémoires individuelle et collective semblent traitées sur un pied d’égalité.

Dans un texte judicieusement nommé « Benoît Broisat, reporter d’intérieur », la critique d’art Florence Ostende précise que l’artiste « déploie une énergie démesurée dans la reconstitution, remémoration ou restitution d’évènements qui finissent par prendre une ampleur plus grande que l’original. Si on devait croire au mythe de la grande œuvre, interminable et dévorante, l’œuvre d’une vie, celle de Broisat serait la Place Franz Liszt »(2). Initié en 2001, le projet consiste à récréer la place Franz Liszt uniquement à travers des témoignages écrits ou oraux, sans jamais accéder à la source directe. Cette récolte très variée le conduit à produire des éléments divers (dessins, maquettes, reconstitutions 3D) qui constituent l’œuvre elle aussi fragmentaire. Dans sa volonté de représenter un lieu « en aveugle », l’artiste souhaite expérimenter un mode de perception utopique, sans point de vue ou à points de vue multiples, qui intègre la pluralité et la diversité des regards. Comme il l’écrit lui-même, c’est « le fantasme de contempler le monde à travers les yeux et la conscience de l’Autre. »(3)

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