• La céramique comme expérience
    exposition du 28 juin au 3 novembre 2018

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Le sens du possible, L'art en lieux, Royère de Vassivière

Commune de Royère de Vassivière


Rencontre sur le marché de Royère de Vassivière : mardi 17 juillet 2018 de 8h30 à 12h

Exposition du 28 juin au 29 septembre 2018

Richer
Evariste Richer, L’éblouissement, scanner, collection Artothèque du Limousin.


œuvres de : Julieta Arenda, Simon Bergala, Peter Downsbrough, Aurélien Froment, Jane Harris, Bertrand Lamarche, Matt Mullican, Francis Morandini, David Renaud, Evariste Richer, Véronique Rizzo, Pierre Savatier, Anne-Lise Seusse, Peter Soriano, Patrick Tosani, Hans Waanders.

L’ART EN LIEUX
UN ÉVÉNEMENT QUI RASSEMBLE
Depuis quatorze ans, les habitants de Royère de Vassivière choisissent des œuvres dans les collections de l’Artothèque et du FRAC Limousin et ouvrent leurs portes à l’art d’aujourd’hui. La formule d’exposition est insolite. Le pharmacien, la coiffeuse, le boucher, le garagiste, le médecin, l’association Emile a une vache pour l’Atelier, les agents de la Mairie, de la Poste, de la médiathèque, du Pôle tourisme, les agents et les résidents de l’EHPAD, les journalistes de la Radio de Vassivière ; tous accueillent des œuvres pour les faire partager.
 C’est dans ce rapport à la fois intime et ouvert à tous que le projet L’ART EN LIEUX affirme la volonté d’amener l’art au plus près de chacun d’entre nous.

LE SENS DU POSSIBLE
« S’il y a un sens du réel, et personne ne doutera qu’il ait son droit à l’existence, il doit bien y avoir quelque chose que l’on pourrait appeler le sens du possible… Ainsi, pourrait-on définir comme la faculté de penser tout ce qui pourrait être « aussi bien », et ne pas accorder plus d’importance à ce qui n’est pas ».
Robert Musil, L’homme sans qualités.

Pour cette édition 2018 de L’Art en lieux, nous avons proposé aux différents hôtes une présélection d’oeuvres remarquables qui témoignent de l’intensité avec laquelle les artistes observent le monde réel. Les différents points de vue nous révèlent des détails que, sans les artistes, nous aurions négligés et affirment, le plus souvent, une perception aigüe du temps.

LES LIEUX, LES HÔTES ET LES ARTISTES EXPOSÉS :

ASSOCIATION EMILE A UNE VACHE
Place de la Mayade, l’Atelier
Hôte : Emile a une vache
Œuvres d’Anne-Lise Seusse

ATELIER DE MÉCANIQUE
Route du lac
Hôte : Jérôme Mouriéras
Œuvres de Patrick Tosani, Matt Mullican

LA POSTE
Rue Camille Bénassy
Hôte : Isabelle Cancalon
Œuvre de Julieta Arenda

PHARMACIE
Rue de la Résistance
Hôte : Christine Hébrar
Œuvre de Bertrand Lamarche

BOUCHERIE
Rue de Vassivière
Hôte : Didier Bord
Œuvre de Simon Bergala

EHPAD PIERRE FERRAND
Rue Camille Bénassy
Hôte : Claude Maucourant
Œuvre de Francis Morandini

MAIRIE DE ROYÈRE
10 Rue Camille Bénassy
Hôtes : Raymond Rabeteau
Œuvre de David Renaud

MAISON MEDICALE
6 Rue de la Résistance
Hôte : Jean-Claude Etilé
Œuvres de Evariste Richer, Peter Soriano

MÉDIATHÈQUE
Rue Camille Bénassy
Hôte : Nathalie Sauteron
Œuvres de Jane Harris, Véronique Rizzo

PÔLE TOURISME
Place de la Mayade
Hôte : Baptiste Savary
Œuvre de Peter Downsbrough

RADIO VASSIVIÈRE
Rue Camille Bénassy
Hôtes : l’équipe
Œuvres de Pierre Savatier, Hans Waanders

SALON DE COIFFURE
Place Mendès France
Hôte : Sylvie Leclair
Œuvre d'Aurélien Froment

Collection en mouvement, Patxi Bergé / Chloé Piot, Sculptures de voyage, Saint-Fréjoux

Salle de la mairie de Saint-Fréjoux

Le bourg
19200 Saint-Fréjoux

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Présentation de l'exposition jeudi 21 juin 2018 à 18h

Exposition du 22 juin au 30 aout 2018

Bergé2Piot Sublime
Patxi Bergé, Fahnensaft, 2012 (jus de drapeaux)                                                                      Chloé Piot, Sublime (Kant), 2009
23 bouteilles, verre, eau, colorant, 29 x 172,5 x 7,5 cm                                                                  Carte postale, carton, ficelle, 15 x 15 x 10 cm
Collection FRAC Limousin / © P. Bergé / Photo : F. Avril                                                                   Collection FRAC Limousin  / © SAIF / Photo : Freddy Le Saux

Œuvres de Patxi Bergé et de Chloé Piot.
Collections FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine

Pour cet été 2018, nous proposons une conversation par œuvres interposées entre deux jeunes artistes, Chloé Piot (née en 1986) et Patxi Bergé (né en 1988), qui ont en commun un goût affirmé pour le déplacement et les rencontres, et dont les œuvres sont réunies autour de l’idée de sculptures (et de photographies) de voyage.

Lorsqu’on examine leur parcours, on constate que dès leurs études, ces deux jeunes artistes ont pris le parti de la mobilité.
Née à Aubagne, Chloé Piot a suivi un cursus complet à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Limoges, émaillé de fréquents séjours à l’étranger, notamment aux Pays-Bas (Hertogenbosch) et en Allemagne (Halle, Braunschweig, Leipzig).
Né à Bayonne, Patxi Bergé a commencé sa formation à l’Ecole Supérieure d’Arts de Pau, l’a achevée à Nîmes, puis est parti s’installer à Berlin.

« Je fabrique des sculptures pour partir à l’aventure. Chaque projet est une recherche vers un but incertain qui m’amène à découvrir de nouveaux territoires. Je travaille à détourner les choses et les concepts de leurs usages, pour établir des rapprochements inédits et porter un regard malicieux et poétique sur le monde et ses valeurs ». Ainsi s’exprime Chloé Piot dans un entretien récent (1). A partir de matériaux et d’objets un peu datés, souvent issus du monde du loisir culturel, l’artiste fabrique de curieux assemblages. Les objets sont réemployés selon des logiques inattendues qui tiennent autant à leur consistance matérielle qu’à leur portée symbolique un peu malmenée. Les deux reliefs présentés datent de 2009. Objets et cartes postales un peu défraichies y sont associés selon une économie très précaire de bouts de ficelle. L’ambition des titres (« Olympe », « Sublime (Kant) ») semble à l’opposé de la matérialité des œuvres et c’est dans cet écart que se situe l’énergie déployée par l’artiste.

La curiosité et le déplacement sont les leitmotiv de la démarche de Patxi Bergé. A la recherche de curiosités plastiques, l’artiste prélève des détails rencontrés lors de ses voyages et les restitue sous formes de photographies et de sculptures. L’artiste résume ainsi son processus créatif : « il me semble que mon travail est le résultat d’accidents, de rencontres, d’éventualités qui, par une opportunité bienheureuse, sont traduits en un objet ou une image »(2). Deux sculptures et deux photographies sont présentées.
Un lot de bouteilles d’eau minérale et un ancien drapeau communiste deviennent sculpture après une série de manipulations simples et pourtant laborieuses. Le drapeau lavé jusqu’à perdre sa couleur, chaque étape du lavage est conservée dans une bouteille fermée et numérotée. Ainsi, la ligne de décoloration progressive de « Fahnensaft » (jus de drapeaux) pourra être précisément reconstituée pour suggérer, littéralement, l’inéluctable érosion de l’idéologie.
Une autre sculpture, autant synthétique que minérale est présentée à terre.
Des morceaux de calcaire ramassés au sol dans les environs de Dresde ont été inclus dans la résine pour former deux blocs disposés l’un sur l’autre. La translucidité de la matière synthétique permet d’entrevoir les cailloux qui sont à l’intérieur. La sculpture forme un conglomérat qui évoque la géologie(3). Son titre « Wieder was geschafft », quelque chose de re-fait, suggère l’idée de reconstruction, de recomposition de la matière, à l’exact opposé de la taille directe, le geste le plus classique de la sculpture.

En contrepoint de ces deux sculptures, deux grands tirages photographiques sont présentés. La tête monumentale de Karl Marx, une sculpture massive très connue de Chemnitz, est photographiée de face, en légère contre-plongée, à travers une grille métallique. Un paon blanc faisant la roue au zoo de Berlin est cadré depuis l’arrière, révélant les coulisses grillagées de sa parade.

Notes :
1- 10 questions aux artistes, exposition « L’esprit de notre temps », FRAC-Artothèque Limousin, mars-mai 2018.
2- Ibid.
3- Dans le domaine de la pétrographie, un conglomérat est une roche issue de la dégradation mécanique d’autres roches, composée de morceaux liés entre eux par un ciment naturel. Source wikipedia.

Collection en mouvement, Natures mortes, Châtelus-le-Marcheix

Bibliothèque

29 bis rue des Deux Ponts
23430 Châtelus-le-Marcheix

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Présentation de l'exposition 1er juin 2018 à 18h, à la Bibliothèque de Châtelus-le-Marcheix

Exposition 24 mai au 2 août 2018

Bossut newsletter
Etienne Bossut, Nature morte, 1997
Moulage en polyester, 220 x 120 x 70 cm / Collection du FRAC Limousin / Photo : F. Magnoux


Natures mortes

Avec les oeuvres de : Valérie Belin, Etienne Bossut, Hreinn Fridfinnsson.
Collections FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine et du FACLim.

Les oeuvres réunies à Chatelus-le-Marcheix ont pour points communs de concerner à la fois le thème ancien et toujours actuel de la nature morte et celui, évolutif, de la photographie.

Hreinn Fridfinnsson (né en Islande en 1943) est un des artistes conceptuels islandais les plus connus. Son oeuvre est célébrée pour son lyrisme et sa poésie irrésistible qui transcendent les sujets et les matériaux souvent banals qu’il utilise. A travers des photographies, des dessins, des sculptures et des installations sonores et textuelles, il crée des oeuvres qui interrogent l’idée du temps et de l’identité.
Il a dit : « Les notions du temps sont toujours attirantes. Je lis ce qui se présente à moi dans les domaines de la physique et des mathématiques, mais comme quelqu’un de non-initié. La sensation et l’intérêt pour l’essence du temps est sérieuse, mais mes préoccupations vis-à-vis du temps ne sont pas basées sur la connaissance ; elles sont plus exploratoires et intuitives »(1). La photographie présentée, « Intérieur », est un tirage unique datant de 1993 où l’artiste saisit les multiples sources de lumière en cadrant son image sur une partie précise de sa maison. Au centre de l’image, un miroir encadré par deux fenêtres donnant sur la rue réfléchit l’arrière de la pièce où a été effectuée la prise de vue. On y découvre une autre source de lumière, une autre fenêtre donnant sur un jardin. Sur la table adossée au miroir, un ensemble d’objets est disposé : un journal ouvert, un panier d’osier vide-poches, un agenda, etc. qui compose une nature morte contemporaine.

Etienne Bossut (né en 1946) est un sculpteur spécialisé dans le moulage d’objets en polyester teintés dans la masse. Venu de la carrosserie automobile, l’artiste travaille depuis quarante ans à réaliser les répliques les plus fidèles possibles d’objets de plus ou moins grande taille, de la voiture au citron, en laissant apparentes les traces du procédé de moulage. L’oeuvre présentée, « Nature morte » (1993), est une variation dans une série basée sur un principe identique : un tableau monochrome d’un mètre carré au mur à l’arrière-plan ; une chaise en plastique, une bassine et un seau, au premier plan. L’ensemble, varié du point de vue des couleurs, est homogène du point de vue du matériau, le polyester(2). Le titre de l’oeuvre, « Nature morte », renvoie au genre pictural. Mais la façon dont Bossut compose cet assemblage de répliques, tableau et objets, nivelle leur statut (par le bas ?) et tend à réduire leurs différences symboliques.

Valérie Belin (née en 1964) est une photographe très connue aujourd’hui. Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Bourges entre 1983 et 1988, elle complète sa formation en philosophie à la Sorbonne en 1989. Sa première exposition de photographies en noir et blanc d’objets en cristal a lieu en 1994, et est le point de départ d’un travail en séries où elle aborde de nombreux thèmes souvent situés à la frontière du vivant et de l’inanimé : cristaux, fleurs, viande, voitures, culturistes, mariées marocaines, transsexuels, femmes noires, mannequins, moteurs, magiciens, têtes couronnées… faisant de plus en plus appel aux techniques numériques pour retoucher et superposer les images. Les oeuvres présentées datent de 1998. « Photographiées avec un subtil éclairage arrière, les fleurs sont comme des créatures noires et dérangeantes. En fait, elles ressemblent plus à des organes carbonisés qu’à des figures ornementales ou décoratives. Cette série donne la sensation d’une identité mutante, comme si ces bouquets avaient été irradiés, chargés d’une énergie délétère, au bord d’une mutation monstrueuse »(3)

La réunion de ces oeuvres permet de mettre en évidence une certaine évolution dans la manière dont ces trois artistes abordent le thème de la nature morte. La subtilité de la présence des objets et de leur conditions d’éclairage chez Hrein Fridfinnsson ; l’humour et la fausse désinvolture pour Etienne Bossut ; une forme d’inquiétante étrangeté chez Valérie Belin.

(1) Présentation de l’exposition Hrein Fridfinnsson, Serpentine Gallery, Londres, été 2007
(2) On notera l’écart très réduit entre la bassine, le seau et la chaise en plastique à l’origine et leurs répliques en polyester.
(3) Présentation sur le site de l’artiste.

Collection en mouvement, Florent Contin-Roux, Saint-Martin-de-Jussac

Salle de la mairie de Saint-Martin-de-Jussac

Le bourg
87200 Saint-Martin-de-Jussac

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Exposition du 28 juin au 16 octobre 2018

Florent Contin Roux Ames
Florent Contin-Roux, Ames, septembre 2002
de la série : Landscape / Escape
Huile sur toile, 89 x 116 cm
Collection Frac Limousin / © : Florent CONTIN-ROUX / Photo : F. Le Saux


Œuvres de Florent Contin-Roux

Collections du FACLim, de l'Artothèque et du FRAC Limousin.

Six tableaux de paysages de Florent Contin-Roux

« Dans ma démarche, la photographie est la base de mon travail. Il s’agit de la première étape : une « note », une « esquisse » photographique par rapport au sujet. La peinture intervient ensuite comme un deuxième révélateur, elle me permet un apport subjectif, poétique ou conceptuel. Ce dialogue permanent entre les deux médiums a pour but d’en éprouver les limites, d’arriver à la rencontre la plus riche possible au service du sujet travaillé (souvent évoqué dans le titre de l’œuvre). »(1)

Florent Contin-Roux, né en 1975, est un peintre autodidacte qui vit et travaille à Limoges.
Son parcours artistique se développe depuis une quinzaine d’années sous forme de séries de tableaux et de peintures sur papier basées la plupart du temps sur des images photographiques projetées. Généralement, ses sources picturales proviennent de deux types d’images : en noir et blanc, ce sont des photos de famille, des images d’archives, des documents historiques trouvés dans les journaux ou sur internet ; en couleur, ce sont des photographies prises par lui, des paysages, des éléments d’architecture isolés dans la nature, des situations somme toute assez « banales », à la manière d’un touriste un peu désabusé. A partir de ces sources qui forment une sorte de banque d’images, Contin-Roux déploie différentes manières de peindre. A travers cette présentation de six tableaux de paysages réalisés sur une période de dix ans, nous souhaitons mettre en évidence l’évolution d’une partie de sa pratique picturale.

En 2002, Contin-Roux travaille une série de peintures intitulée « Landscape/Escape » (qu’on peut traduire par paysage/échappée) où il joue avec les mots d’une autre langue que la sienne pour évoquer le paradoxe du point de vue stable/instable qu’il suggère. Le tableau intitulé « Déplacement » superpose la sensation fluide d’un paysage flou à l’arrière-plan et des zones de peintures raclées à la surface de l’image. Cette double manière de peindre n’est pas sans rappeler celle de Gerhard Richter, immense peintre allemand contemporain qui mène depuis le début des années 1960 une recherche picturale paradoxale basée à la fois sur le photoréalisme et sur l’abstraction sous toutes ses formes. (1) Contin-Roux avoue volontiers sa dette à Richter : « La démarche de Richter a été déterminante pour mon travail, je mène aussi plusieurs recherches de front, à la différence qu’elles ont parfois lieu sur le même support, une façon de présenter plusieurs « réalités »… »(2)
La même année, en 2002, Contin-Roux réalise « Ames », un autre tableau à l’huile de même format appartenant à la même série. Sur un arrière-plan de paysage flou réduit à sa plus simple expression – les 2/3 supérieurs de la toile en blanc laiteux, le tiers inférieur en vert balayé latéralement et rapidement - on aperçoit au loin sur la ligne d’horizon, les lignes étirées de câbles électriques. Avec des gestes verticaux beaucoup plus marqués et circonscrits, l’artiste a superposé des rectangles de matière colorée à la surface de l’image peinte. Situées plutôt en périphérie du format, ces zones de matière peinte agissent comme des repères colorés, habiles mélanges de blanc cassé et de tonalités de verts et de roses, sur le fond verdâtre. Au centre du tableau, deux formes indéfinies aux tons violets semblent flotter, en suspension. Leur présence est d’autant plus crédible que leurs ombres portées apparaissent nettement, noires et étirées, en accord avec les règles de la perspective. Ces trois régimes de représentation superposés, paysage flou, peinture abstraite (et concrète) et formes illusionnistes, sont sans doute ce que l’artiste nomme des « réalités ». En plus de l’influence de Richter évoquée plus haut, on pense également à certains tableaux « métaphysiques » de Giorgio de Chirico ou à certains paysages « biomorphiques » du surréaliste Yves Tanguy.
En 2006, Florent Contin-Roux peint, entre autres, deux tableaux sur le thème du jardin (« Garden Party ») et des loisirs (« Camping ») qu’on peut envisager comme des variantes domestiques du paysage. Dans le premier, on observe que les éléments constitutifs du tableau se sont nettement densifiés. Le cadrage plus serré sur les arbres, la végétation et le mobilier de jardin donne une sensation d’image plus remplie, fourmillante de détails, même s’ils sont traités avec plus ou moins de précision. Au premier plan à droite, une chaise de jardin sort du cadre et peinte en blanc, comme en réserve, affirme un très fort contraste lumineux vis-à-vis du reste de l’image. Seul le bleu du ciel et l’arrière-plan lointain semblent calmes et apaisés. On remarque également que les différents gestes picturaux employés par l’artiste pour évoquer la densité de la végétation vont jusqu’à un expressionnisme dégoulinant. En utilisant volontairement une peinture très liquide, certaines touches dégoulinent à la surface du tableau. Comme un écho à ces zones de couleurs en suspension dans les tableaux évoqués précédemment, ces taches de peinture semblent cette fois baver sur l’image, comme pour en exagérer la condition.
« Camping » est un plus petit format réalisé la même année où l’artiste organise son tableau de manière très simple selon une diagonale qui part d’un morceau de ciel (avec deux poteaux électriques) en haut à gauche, traverse l’espace entre deux tentes de camping aux différents tons de gris et d’orange pour l’une, de bleu pour l’autre, jusqu’à arriver au bout d’un terre-plein plus clair où l’on remarque à nouveau une zone colorée grise à la surface de l’image. La densité de l’image obéit à une répartition comparable à celle de « Garden Party » : la moitié du tableau est occupée par différentes valeurs de vert qui contrastent avec des tons plus clairs - bleu délavé du ciel, valeurs de gris et de blanc émaillé d’orange et de bleu, zone beige du premier plan - habilement répartis en différents points du tableau.
« Dream 2 », format carré réalisé en 2010, est emblématique d’un moment particulier dans la démarche de l’artiste. Ce motif de la chaise de jardin en plastique a été étudié dans de très nombreuses peintures sur papier. Emblématique d’une société de loisirs et de surconsommation, le motif prend une place centrale dans le format et est traité avec une fluidité très subtile de tons blancs gris vert qui s’inscrit en parfait accord avec le fond, encore un paysage réduit à une expression sommaire, tout en balayages de nuances de bleu délavé pour le ciel et de verts modulés pour le sol. Les gestes souples du peintre donnent à l’objet un caractère évanescent, presque onirique, en parfaite résonance avec le titre.
Le tableau le plus récent de cette sélection, « Pollution 2 », fut peint en 2012. Dans un format standard d’un mètre carré, Contin-Roux s’attache une nouvelle fois au motif du paysage traité de manière générique. La répartition des valeurs s’établit ici de façon équitable entre le bleu modulé du ciel et la partie basse du tableau où sur une base plus sombre de gris, de bruns et de verts foncés sont dispersées différentes touches de vert, de rose et de bleu. On sent ici un réel plaisir de peindre, de distribuer les touches de couleurs vives selon une répartition qui pourrait sembler hasardeuse mais qui s’affirme au contraire parfaitement équilibrée si l’on considère la composition dans son ensemble. Notons le bel effet de cette double ligne d’horizon qui fabrique une forme de plan intermédiaire entre l’avant et l’arrière du tableau, entre le sol et le ciel. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes de trouver autant de qualités plastiques à un tableau dont le sujet est, comme son titre l’indique, la pollution.

Notes :
(1) Réponses de l’artiste à la question « Comment peindre après Picabia (le peintre de tous les styles successifs) et après Richter (celui de plusieurs styles menés de front) ? »
In journal de l’exposition « Photopeintries épisode 1 : comment peindre après Picabia et Richter ? » FRAC Limousin, 16 novembre 2007- 16 février 2008
(2) Ibid.

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