2016 - Collection en mouvement, La tête sur les épaules, Saint-Martin-de-Jussac

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Salle de la mairie de Saint-Martin-de-Jussac

Le bourg
87200 Saint-Martin-de-Jussac

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Vernissage et visite commentée vendredi 2 septembre à 18h30

Exposition 25 août au 15 octobre 2016

  • Patrick Tosani, C, 1988 Photographie cibachrome, 182 x 120 cm
    Collection du FRAC Limousin / © P. Tosani
  • Patrick Faigenbaum, Philippe l’Arabe, août 1987 Photographie noir et blanc, tirage au bromure d’argent, 60 x 40 cm
    Collection Frac Limousin / © P. Faigenbaum
  • Vibeke Tandberg, Faces #2,1998 Photographie couleur, montage numérique, 45 x 36 cm
    Collection FRAC Limousin / © V. Tandberg

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Œuvres de Patrick FAIGENBAUM, Yann SERANDOUR, Vibeke TANDBERG, Patrick TOSANI
Collections du FACLim, de l'Artothèque et du FRAC Limousin.

Opération réalisée par le FRAC- Artothèque du Limousin, Le FACLim et la ville de Saint-Martin-de-Jussac.


Cette exposition aurait pu s’intituler « Galerie de portraits » car elle présente, autour de la grande table où se réunissent habituellement les élus du Conseil Municipal, un ensemble d’œuvres, essentiellement photographiques, qui s’apparente au genre du portrait.
La présentation d’œuvres anciennes et récentes d’un même artiste, Patrick Tosani (né en 1954), montre l’évolution de sa démarche de photographe d’objets. La confrontation avec d’autres portraits photographiques (ou assimilés) montre également l’évolution de ce genre depuis une vingtaine d’années.

Après des études d’architecture, Tosani se lance dans la photographie d’objets et travaille en série. Après des figurines dans des glaçons, des constellations d’abeilles, il entame une recherche basée sur les moyens les plus objectifs de la photographie : la précision, la frontalité des prises de vue, la netteté, la couleur, l’agrandissement.
« C » appartient à une série de photographies de cuillères réalisée en 1988, juste après une série de « Talons » (qui agrandis deviennent des sculptures, voire des architectures). Ici, l’agrandissement et le soin apporté à la lumière sur l’objet lui donne un caractère presque totémique, une nouvelle présence.
Fin 2001, début 2002, Tosani réalise plusieurs séries de portraits d’enfants. Dans une école à Damas, il confronte d’abord portraits et vues d’architecture. Puis, dans un second temps, il réalise une série intitulée « Territoires » dont est extrait le grand format présenté ici. Chaque enfant est photographié de face, encapuchonné dans un vêtement enduit qui devient une corolle de couleur. Cette manière de faire rappelle les « Masques » (1998) où il avait photographié depuis le dessus des pantalons enduits.

La présentation d’une œuvre ancienne d’un artiste de la même génération, Patrick Faigenbaum (né en 1954), permet de saisir l’amorce d’une démarche très différente. Cette œuvre fut réalisée en 1987 lors du séjour de l’artiste à la Villa Médicis à Rome. Il développa sur place une fameuse série de portraits de familles aristocratiques qui lui valut une forte notoriété. En parallèle, il chercha à rendre vivantes quelques statues en leur tirant le portrait en noir et blanc. Par le soin apporté au cadrage et à l’éclairage, le portraitiste qu’est Faigenbaum affirme la dimension plastique (et sculpturale) du corps dans l’espace.

La série des « Faces » (1998) de la norvégienne Vibeke Tandberg (née en 1967) montre un usage très original de photoshop. Cette série d’autoportraits en buste sur fond noir dans différentes poses (de face, de ¾, de profil), vêtus de la même chemise prend appui sur une série de photographies des ami(e)s les plus proches de l’artiste. Chaque pose est reprise ici de façon très précise pour pouvoir dans un second temps remplacer le visage de l’artiste par ceux de ses ami(e)s. L’ensemble évoque une sorte de portrait délégué, une identité multiple qui se constitue par le cercle amical des relations humaines.

Yann Sérandour (né en 1974) est un jeune artiste connu pour ses relectures de l’art des années 60 et 70. Sa connaissance très précise des mouvements d’art minimal et conceptuel devient un terrain de jeux où l’artiste explore, souvent avec malice, les manières de faire de ses prédécesseurs pour les réactiver avec un regard neuf. Pour cette édition réalisée en 2006, l’artiste s’est focalisé sur une silhouette bien connue car emblématique d’une marque de produits de beauté. Le profil de l’artiste remplace celui de la célèbre cantatrice et est traité en série. En quatre étapes progressives, le volume des cheveux se développe jusqu’à suggérer une coupe afro.

Yannick Miloux, juillet 2016