2016 - Collection en mouvement, Une peinture aussi plate que possible, Argentat

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Médiathèque du pays d'Argentat
Place Joseph Faure
19400 Argentat

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Vernissage mercredi 6 avril à 18h

Exposition 2 avril - 7 mai 2016

  • Christophe Cuzin, Sans titre, 1998 Acrylique sur carton, 70 x 100 cm
    Collection Artothèque du Limousin / © C. Cuzin
  • Bruno Rousselot, Eclat, 2004 Aquarelle et encre sur papier, format 58,8 x 40 cm
    Collection de l’Artothèque du Limousin / © B. Rousselot
  • Alain Doret, Entre ciel et terre, 2013 Peinture à l’huile et collage sur toile, 200 x 250 cm
    Collection FRAC Limousin / © A. Doret
  • Sol LeWitt, Sans titre, 1982 Encre et technique mixte sur papier, 40 x 77 cm
    Collection FRAC Limousin / © S. LeWitt

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COLLECTION EN MOUVEMENT
Une peinture aussi plate que possible
(Hommage à Sol LeWitt)
Christophe CUZIN, Alain DORET, Sol LEWITT, Bruno ROUSSELOT.

Depuis les années 1960, Sol LeWitt a occupé une place très importante dans le monde de l’art occidental, à la fois pour ses oeuvres (sculptures modulaires qu’il appelait «Structures », peintures et dessins muraux) et pour ses écrits (« Paragraphs on Conceptual Art », notamment) qui influencèrent de nombreux artistes des générations suivantes.
Depuis son décès en 2007, l’artiste a fait l’objet de nombreux hommages, dont un des plus récents en France fut l’exposition rétrospective de ses dessins muraux au Centre Pompidou Metz en 2012.
Nous souhaitons lui rendre hommage en présentant autour de deux de ses dessins du début des années 1980 des oeuvres d’autres artistes plus jeunes plus ou moins directement influencés par ses idées.

Lorsqu’il crée en 1968 son premier dessin mural (Wall Drawing), Sol LeWitt dira : « Je désirais créer une oeuvre d’art aussi bidimensionnelle que possible : il paraît plus naturel de travailler à même le mur plutôt que de prendre un accessoire, de le travailler, puis de l’accrocher au mur ».
Par ces doubles dessins à l’encre sur papier, LeWitt explore de manière simple et subtile les contrastes du clair/obscur et montre les modulations de deux formes géométriques basiques, un triangle et un cercle, selon qu’elles apparaissent en gris sur fond noir (à gauche) ou en noir sur fond gris (à droite). On remarque la densité très profonde du noir par rapport aux zones de gris où l’encre délavée produit un espace plus modulé. Ce type d’esquisse, aussi simple qu’il puisse paraître, propose un véritable exercice de regard au spectateur attentif.

Après avoir fait des études à l’Ecole des Beaux Arts de Besançon puis à l’Université de Paris VIII, Christophe Cuzin, né en 1956, a d’abord été un peintre abstrait pendant les années 1980. En 1989, il décide d’abandonner définitivement le support tableau pour travailler directement dans l’architecture, comme un « peintre en bâtiment ». Ses peintures murales se déploient avec une grande liberté dans les diverses architectures où il est invité à créer : musées, centres d’art, sites patrimoniaux et espaces publics sont ainsi temporairement redéfinis par des aplats colorés, des systêmes de lignes qui révèlent ou contredisent les données architectoniques du lieu investi. Ne souhaitant pas en conserver de traces photographiques, Cuzin préfère ne garder en mémoire que les épures de ses interventions où subsiste l’essentiel : le dessin et la couleur.

Bruno Rousselot, né en 1957, a également fréquenté l’Université de Paris VIII en même temps que Cuzin. Après quelques années à Paris, l’artiste s’installera à New York de 1987 à 1997 pour se confronter à la peinture américaine, son histoire et ses différents acteurs. Sa rencontre avec Sol LeWitt y fut d’ailleurs déterminante. Dans ses diverses oeuvres (dessins sur papier, tableaux, peintures murales) et par l’agencement de formes géométriques très simples (triangles, rectangles) aux couleurs limitées et précisément choisies, Bruno Rousselot cherche le point de tension entre dynamisme et équilibre.

Alain Doret, né en 1969, a d’abord reçu une première formation en génie civil avant d’entamer des études d’art à Limoges. Ses recherches sont basées sur un répertoire de formes géométriques tirées du domaine industriel – ils les nomment F3D pour formes en trois dimensions – qu’il a déclinées sous des formes très variées (dessins et oeuvres sur papier, reliefs muraux, tableaux, dessins muraux). Le « tableau d’exposition » présenté ici montre un espace d’exposition où Doret imagine ses propres peintures murales exposées à même les murs, à la manière de Sol LeWitt. On notera la subtilité des reflets dans la surface lisse et sombre du sol, et l’espace aéré et lumineux dans la partie supérieure du tableau à ciel ouvert.

 

Opération réalisée par le FRAC- Artothèque du Limousin et le FACLim, en partenariat avec la Communauté de communes du Pays d'Argentat.