Collection en mouvement, David Renaud, nouvelles géographies, Argentat

Médiathèque intercommunale

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19400 Argentat

Exposition du 30 mars au 18 mai 2019

Samedi 27 avril à 11h : visite commentée par David Molteau, médiateur du relais Artothèque du Limousin pour Peuple et Culture Corrèze.

Renaud The Thing

David Renaud, The Thing (détail), 1998.
Acrylique sur bois, moteur électrique, hauteur: 12,5 cm, diamètre: 110 cm
Collection FRAC Limousin.
©DR / Photo : F. Avril

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Pour cette exposition à la médiathèque d’Argentat, nous proposons de revenir sur le parcours artistique de David Renaud (né en 1965 à Grenoble, vit à Paris) à travers un ensemble d’œuvres de la collection du FRAC Limousin. Ces œuvres, datées entre 1990 et 2005, témoignent bien sûr de l’évolution de sa démarche mais révèlent également certaines récurrences dans son cheminement.

Les premières cartes IGN repeintes ont débuté en 1987. Elles sont toujours basées sur les mêmes principes. L’artiste passe des heures à recouvrir méthodiquement, en aplats, les zones forestières qui sont, avec les océans, le code chromatique le plus évident à lire sur ces documents. Les échelles et les légendes sont désolidarisées des cartes et deviennent les titres des œuvres.
Enfin, ces cartes de géographies retouchées sont montées sur des caissons épais qui les isolent du support qui les présente. Exposées seules ou en groupe, au sol ou au mur, ces œuvres deviennent des fragments de territoires sans profondeur ni horizon.

A la même période, l’artiste commença à s’intéresser au motif du camouflage. Il reproduisait en aplats réguliers les motifs simplifiés et mimétiques du paysage, y trouvant un répertoire de formes et de couleurs. La destruction accidentelle par une inondation dans l’atelier de la plupart de ces premiers tableaux lui donna l’occasion de reprendre cette partie de sa recherche en l’actualisant. « Paysage français 1950 » comporte ainsi deux dates, 1989 – 1999. Ce beau format à l’acrylique sur bois reprend avec une très grande finesse d’exécution un motif déjà traité dix ans auparavant, à savoir les tenues de l’armée française des années 1950. Au début des années 2000, l’artiste poursuivra cette recherche avec « Paysage français 1960 » (2003), « Paysages russes 2005 » (2005). Faisant le lien entre cartographie et camouflage, l’artiste précise :
« Le camouflage sert à transformer, à cacher ce qu’il est vraiment. Le travail sur la surface, qui est aussi la peau, m’a toujours intéressé. Indirectement, mon approche de la cartographie pouvait parler de cette surface-là. On cherche à voir un paysage dans les cartes mais c’est avant tout une représentation scientifique et normée. On peut trouver dans mes productions cartographiques une potentialité de paysage mais c’est d’abord une approche de l’ordre du langage, de la pensée, de ce que cela implique, de son origine, qui m’intéresse. Il y a d’ailleurs un rapprochement intéressant à faire entre le camouflage et la cartographie, ils sont tous les deux une représentation analytique du territoire, et tous les deux sont une manière de se l’approprier. Une façon de se l’arroger. » (1)

Dans cette volonté d’être au plus près de la surface, de la peau, l’œuvre intitulée « Mue » (1992) est une enveloppe corporelle, aux mensurations de l’artiste. Elle matérialise à la fois son désir de faire corps avec son sujet et aussi son attrait pour la science-fiction.

La peinture sur bois intitulée « Amibes » (1990) montre l’ébauche de cette technique adoptée régulièrement par l’artiste et nommée « peinture – spaghetti ». A partir de formes arrondies aléatoirement dispersées à la surface du tableau, l’artiste peint avec application des lignes régulières et concentriques où les couleurs vont en dégradé, ici du bleu au blanc en passant par le brun, le rouge, le rose, sans compter les teintes intermédiaires, soit pas moins de huit étapes différentes pour arriver au résultat final. Le tableau offre une parenté certaine avec l’Op Art des années soixante-dix, alors que sa facture et son titre nous orientent plutôt vers une approche intuitive de l’univers scientifique.

On retrouve cette même technique encore mieux maitrisée dans l’œuvre intitulée « The Thing » (1995). Ici, la « peinture-spaghetti » est appliquée avec une régularité parfaite – les lignes colorées concentriques ont rigoureusement la même largeur- et vont progressivement du blanc au brun foncé en passant par une quinzaine de valeurs intermédiaires. On note également que les bords du format circulaire sont arrondis, ce qui contribue à modifier notre perception du tableau, qui de surface devient objet. Enfin, cette œuvre se présente à l’horizontale, comme en lévitation, à 12,5cm du sol, et est en révolution permanente. Son titre, the Thing, renvoie au film réalisé en 1982 par John Carpenter, où une créature martienne prend l’apparence de ses victimes.

Au milieu des années 2000, le peintre entame une série de paysages cosmiques qui renouvelle son travail pictural. Chacun des tableaux de ce nouvel ensemble est bâti selon une formule générique. Au bas du format, une succession de longs aplats linéaires qui diminuent progressivement de largeur en même temps qu’ils s’éclaircissent, du plus sombre au plus clair, jusqu’à une ligne d’horizon très blanche, presque aveuglante; dans la partie haute du format se déploie un espace constellé de points lumineux cernés de camaïeux concentriques. « One Night On Earth » (2005) est un paysage schématique qui propose une synthèse entre l’art optique et psychédélique des années 1970 et l’espace virtuel des premiers jeux vidéo des années 1980/90. Avec d’autres tableaux aux titres évocateurs (« Sunset On Mars », « Skylight On Venus », « Cold Day On Uranus »…) et aux formats parfois monumentaux, il renouvelle le genre spéculatif du paysage « extra-terrestre », ce que l’on nomme souvent la « vue d’artiste ».

(1) David Renaud, entretien à propos de l’exposition « l’horizon absolu », FRAC Poitou-Charentes, janvier-mai 2011.

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