Thomas Bayrle, Festival Au Bord du Risque #4, Aubusson

Exposition du 16 au 20 mai 2017
Vernissage le vendredi 19 mai 2017 de 19h30 à 21h30

 

  • Thomas Bayrle,Bitte ein Pils, 1972 S&ecaute;rigraphie, 69,5 x 55 cm
    Collection FRAC Limousin / © Adagp, Paris
  • Thomas Bayrle, Ehepaar, 1970 Sérigraphie, 42 x 60 cm.
    Collection FRAC Limousin. © Adagp, Paris

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Dans le cadre du 4ème festival « Au bord du risque », nous avons souhaité mettre l’accent sur l’œuvre d’un artiste internationalement reconnu, Thomas Bayrle. En effet, il y a tout juste dix ans, le FRAC Limousin organisait sa première exposition monographique en France, « Superimages ». Cette exposition permit de montrer les différentes facettes de l’oeuvre de cet artiste dont la recherche repose sur une synthèse très originale entre le Pop art et l’art optique1.
A Aubusson en 2017, il s’agit de présenter un ensemble d’œuvres acquises en 2003 et 2007 par le FRAC Limousin (sérigraphies, sculpture et films) alors qu’une grande tapisserie commémorative est actuellement en cours de tissage à la Cité Internationale de la Tapisserie.

Thomas Bayrle (né en 1937 à Berlin, vit à Francfort) a débuté son parcours en travaillant dans une usine textile à la fin des années cinquante. Cette expérience fut déterminante pour lui. Il travailla ensuite comme graphiste et éditeur (Gulliver Press) et pour des agences de publicité. Dès le milieu des années soixante, il mit en place son programme iconographique en opérant une synthèse entre les images de manifestations de masse en Chine et l’imagerie des sociétés capitalistes occidentales, d’abord sous formes de « machines en forme de théâtre », puis avec les techniques du collage, du montage et de la sérigraphie, il aboutit à la création de « superimages » où la multiplication répétitive de la même image en fait émerger une nouvelle.

Les sérigraphies des années 70 montrées dans l’exposition nous renseignent sur ses thèmes de prédilection : l’automobile, le jazz, la vie quotidienne, le travail en usine, le sexe, l’anonymat administratif, etc.
à l’époque, il réalisa également des papiers peints, des livres, des vêtements imperméables et des sculptures accumulatives directement inspirées de l’étalagisme.

A la fin des années soixante-dix, Bayrle commença à réaliser ses premiers films expérimentaux de manière artisanale. Autobahnkopf (Tête-autoroute) (1988-89) est un exemple saisissant. L’artiste a travaillé avec sa femme Helke et un assistant, Stefan Steibert, pendant une année complète pour réaliser 10 minutes d’un film particulièrement marquant2. Le film a la particularité de décrire ses différentes étapes de construction : des images filmées en 16mm noir et blanc près d’une autoroute très bruyante, la tête de l’artiste en gros plan bouge de gauche à droite, la même séquence schématisée où le visage apparaît en facettes en mouvement, et enfin, la synthèse de l’ensemble où dans chaque parcelle de cette tête apparaît un morceau de film qui s’adapte aux mouvements, le tout dans un vacarme assourdissant...

Son métier de professeur à la StadelSchule de Francfort lui permit de rencontrer de nouvelles générations d’artistes et d’étudiants et d’adapter sa production filmique aux évolutions technologiques, en ayant recours à des animations informatiques très complexes. Cependant, ses choix de productions mélangent souvent technologies de pointe et manufacture.
Ces échanges réguliers avec les plus jeunes générations d’artistes ont également contribué à faire de Thomas Bayrle une figure tutélaire pour beaucoup d’entre eux.

Dans le cadre de la commémoration de la Première Guerre Mondiale, une tapisserie monumentale lui a été commandée. Elle est en cours de tissage à la Cité Internationale de la Tapisserie. Intitulée Pieta for World War I, cette œuvre reprend le motif très classique de la Vierge de douleur. Chaque élément pictural de la scène (les personnages au premier plan et tout l’arrière-plan) est une tête de mort en noir et blanc plus ou moins déformée selon les nécessités de l’image elle-même. L’effet produit est particulièrement intense, sans doute à la mesure de l’évocation de ce terrible conflit. Il est également assez savoureux de penser que cette tapisserie de Bayrle renvoit au tout début de son parcours alors qu’il fêtera ses 80 ans cette année.

Yannick Miloux, avril 2017

Notes :

1 Parmi les influences de l’artiste, on note Arcimboldo et Piranèse, Grandville, Daumier, Masson, Michaux, mais aussi Vasarely et Lichtenstein.

2 Chaque élément pictural (pixel) du film a été imprimé sur un morceau de latex pour être étiré et déformé sur la vitre d’un photocopieur, chaque fragment devenant un film en soi à l’intérieur de la composition générale.

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