Clichés-Peintures, ENSA Limoges

FERMETURE ANTICIPÉE à partir du 16 mars 2020

Exposition du 11 février au 23 mars 2020



Avec les œuvres de : Henni Alftan, Luc Andrié, Marion Bataillard, Jean-Marie Blanchet, Amélie Bertrand, Julien Beneyton (*), Werner Büttner, Nina Childress, Ernest T., Richard Hamilton, Stephen Felton, Cathy Jardon, Philippe Mayaux, Edgardo Navarro, Hugo Pernet, Laurent Proux, Guillaume Pinard, André Raffray, Ina Van Zyl, Carmelo Zagari.
Œuvres des collections du FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine
(sauf (*) prêt de l’artiste)

Alftan contact Henni ALFTAN
Contact, 2014
Huile sur toile
33 x 41 cm
Collection FRAC Limousin
© Adagp, Paris
Photo : Frédérique Avril



CLICHÉS-PEINTURES

Le thème de recherche pour cette exposition a consisté à explorer les différents genres de la peinture (paysage, portrait, nu, scène de genre, nature morte …) tels qu’ils ont pu être repris, actualisés ou modifiés par les peintres à partir de tableaux, surtout, de collages et de photomontages choisis dans les collections du FRAC Artothèque Nouvelle Aquitaine par un groupe d’étudiants sous la houlette d’ Alain Doret, professeur de peinture. Les tableaux présentés participent des recherches les plus pointues dans le domaine de la peinture et leur réunion temporaire constitue un vaste panorama à la fois objectif et subjectif, hyperfiguratif et très très abstrait de la situation actuelle.

Clichés-peintures, mot-valise fabriqué à partir du terme cliché-verre(1), désigne à la fois des peintures dont les sources sont photographiques, et insiste également sur le fait que la peinture est aujourd’hui majoritairement considérée comme un cliché, comme une somme de clichés(2), avec lesquels le peintre est bien obligé de composer.

En introduction, une peinture sur carton réalisée par Ernest T. en 1985 donne le ton. Elle réactualise un panneau conçu par Francis Picabia et porté par André Breton lors d’une manifestation Dada à Paris en 1920 dont ne subsiste qu’une photographie. Autour d’une cible optique, un slogan provocateur : « Pour que vous aimiez quelque chose, il faut que vous l’ayez déjà vu et entendu depuis longtemps, tas d’idiots ».

Une quarantaine de tableaux (et collages) d’une vingtaine d’artistes où on trouve pêle-mêle des paysages, des portraits, des nus, des scènes d’intérieur, des scènes de genre, associés à des abstractions de toutes sortes (géométrie, langage, icones…), des vues de détails, des fragments… sont présentés en long bandeau horizontal sur le mur principal et éclatés en grappe sur le mur de retour.

A gauche, le grand format inspiré du théâtre forain et grouillant de détails de Carmelo Zagari « Trompe la mort » et, à droite, le grand tableau saturé d’ornements d’Edgardo Navarro, « Dissonance », encadrent l’ensemble des peintures présentées.
Des points de cristallisation se forment autour de deux scènes d’intérieur particulièrement détaillées, à regarder de très près. Le photomontage de Richard Hamilton, à travers dix-sept opérations successives, décrit de façon très précise les conditions de vie de l’homme occidental à la fin du XXème siècle. Le collage redessiné par André Raffray en 2009 (à partir d’une oeuvre perdue de Raoul Haussmann datée 1920) montre avec moults détails les conditions de vie et d’inspiration du constructiviste russe Vladimir Tatline.
Des tableaux de différents formats gravitent autour de ces deux points de focalisation : pochades érotiques par Marion Bataillard, tableautins amusants par Guillaume Pinard, autoportrait fantômatique de Luc Andrié, murs de carrés de couleurs par Cathy Jardon, vues rapprochées de végétaux et de morceaux de corps par Ina Van Zyl, fontaine murale lumineuse par Amélie Bertrand, coupe anatomique d’une langue par Philippe Mayaux, etc…

Certains grands formats se distinguent par la juxtaposition ou la superposition de plusieurs sources photographiques, ceux de Nina Childress et de Werner Büttner notamment ; on repense à la formule des « collages peints » utilisée par Max Ernst à propos des peintures de René Magritte.

Enfin, un diptyque réalisé en 2005 par André Raffray mérite une attention particulière. Il s’agit d’une copie aux crayons de couleurs sur papier et à l’échelle 1/1 d’un paysage hyper-fauve de Francis Picabia, « La Sédelle » (1909) et de son équivalent photographique redessiné à la même échelle. Ici, deux visions sont mises côte-à-côte, celle saturée d’empâtements vivement colorés à gauche, et celle photo-mécanique du même pointe de vue (à 50 cm près) à droite. La double vision proposée par Raffray, en plus de mettre à plat des images séparées de près d’un siècle de distance, rappelle le procédé de la vision binoculaire et nous permet de nous projeter à l’intérieur de ce paysage redoublé, à la fois subjectif pour l’œil gauche et objectif pour l’œil droit.

Yannick Miloux, directeur artistique

 

Notes :

(1) Un cliché-verre est un procédé photographique combinant le dessin, la gravure et la photographie : il sagit d’une méthode pour graver, peindre ou dessiner en négatif sur une surface transparente recouverte d’un vernis, telle que du verre ou un film, et obtenir en positif l’image résultante sur un papier photosensible par tirage contact… Le cliché-verre a été l’une des premières façons de reproduire des dessins avant l’avènement de l’appareil-photo.

(2) Extrait du cours de Gilles Deleuze du 7 avril 1981 : « On vit, on nous dit souvent, dans un monde de simulacres, on vit dans un monde de clichés. Sans doute faut-il mettre en cause certains progrès techniques, dans le domaine des images, l’image photo, l’image ciné, l’image télé, etc. Ah bon, ce monde d’images quoi, mais ça existe pas seulement sur les écrans, ça existe dans nos têtes, ça existe dans les pièces… On vit dans un monde de clichés, il y a des affiches, il y a tout ça bon. Tout ça à la limite c’est sur la toile avant que le peintre ne commence. Et ce qu’il y a de catastrophique, c’est que dès qu’un peintre a trouvé un truc, ça devient un cliché et à toute vitesse aujourd’hui, il y a une production, reproduction à l’infini du cliché, qui fait que la consommation est extrêmement rapide…Lutte contre le cliché, c’est ça le cri de guerre du peintre, je crois. Or ce qu’il sait le peintre, c’est qu’il y a des clichés personnels non moins que des clichés collectifs, que le peintre, il peut avoir sa petite idée cérébrale, petite idée d’un truc nouveau. Mais toute idée cérébrale en peinture est un cliché. Et que ça peut être un cliché rien qu’à lui, c’est quand même un cliché.»

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